Il y a quelques jours, alors que j'animais un webinaire pour présenter la plateforme Didask et que j'étais sur le point de montrer la génération automatique de contenu avec notre intelligence artificielle pédagogique, un prospect m'interpelle via le module de chat : « Mais en quoi c'est différent de ChatGPT ? »
J'aurais pu m'attendre à la question, car après tout, qui ne s'est pas amusé ces dernières semaines avec cet outil révolutionnaire et ses prompts ? Les professionnels de l'eLearning ne font pas exception, et nombreux sont ceux qui, moi le premier, ont testé ChatGPT pour créer des modules — des prompts circulent de plus en plus sur internet. J'ai commencé à répondre à l'oral et j'ai très vite senti que mes explications manquaient de concret. Je décide alors d'interrompre la présentation en cours et de lancer : « Ok, on va faire la comparaison en direct, ensemble, vous jugerez le résultat par vous-mêmes ».
Voici donc ci-dessous les résultats de cette expérience. Évidemment, mon objectivité peut être mise en cause puisque j'appartiens à Didask, c'est pourquoi je vais m'efforcer d'être le plus factuel possible, en illustrant mon propos avec de vraies captures du test réalisé.
Préparer le test
Je pars d'un exemple de situation de formation courante que l'on rencontre souvent ces derniers temps : l'onboarding. De nombreuses organisations ont en effet une quantité d'informations à transmettre à leurs nouvelles recrues, souvent dispersées dans des slides, des PDFs et autres documents « passifs ». C'était aussi notre cas chez Didask, où nous regroupions nos éléments sur des pages Notion. Pour mon test, je choisis l'un des thèmes sous-jacents, souvent mal traité : la transparence, ou plutôt comment nous la mettons en œuvre dans notre organisation.
Voici la page en question, dont je me contente de copier le contenu.

Du côté de ChatGPT
J'ouvre l'outil en ligne, je colle mon texte en ajoutant les instructions suivantes dans le prompt : « Conçois un module de formation en ligne sur la transparence prêt à l'emploi à partir du texte suivant », puis je lance l'IA. Le texte apparaît progressivement, et voici ce qu'on peut lire après quelques secondes :


Regardons ce que ChatGPT a produit.
En quelques secondes, la solution me propose un nouveau texte qui ressemble à un plan de formation assorti de conseils. ChatGPT me propose un titre, une durée globale de formation, puis détaille les différents points à aborder de façon assez organisée, avec une recommandation du temps à accorder à chacun.
Cependant, si l'on prend en compte notre besoin initial (concevoir un module de formation), on peut formuler 2 regrets :
- Si le plan de formation est intéressant... c'est encore un plan et il reste du travail pour alimenter chacune des parties. De plus, il reprend essentiellement la chronologie de mon texte d'origine et ne semble pas le questionner ni l'enrichir.
- le rendu est loin d'être utilisable par les apprenants et il reste encore du travail pour en faire un vrai module : choisir les méthodes pédagogiques (types d'exercices, cas pratiques, formats, etc.), les créer, puis les mettre en forme...
Ce que ChatGPT me propose ici n'est pas sans valeur ajoutée, mais ne répond qu'en partie à mon besoin. Intéressant pour des ingénieurs pédagogiques maîtrisant la conception de formation, mais potentiellement limité pour d'autres utilisateurs comme les experts métier.
Je pourrais sans doute améliorer le rendu de ChatGPT en travaillant davantage mes prompts, ou en le relançant avec des instructions supplémentaires. Mais là aussi, le temps peut vite s'allonger et je n'échapperais pas non plus à une étape de conversion texte → module.
Du côté de Didask
Je me connecte à mon compte LMS, j'accède à mon studio de création et j'ouvre un nouveau module. Je procède ensuite exactement de la même façon et colle le même texte directement dans la fenêtre. Je spécifie un titre de mon choix.
Le LMS me propose alors de sélectionner un objectif pour mes apprenants. Je choisis ici « comprendre ces concepts », qui me semble le plus approprié parmi les options. Enfin, je précise que ma demande concerne un dispositif d'onboarding, puis je lance l'intelligence artificielle pédagogique.

Très vite, la machine se met en marche et je vois apparaître progressivement des objectifs de granules. C'est la première étape du processus : l'IA intégrée au LMS a analysé mon contenu et l'a granularisé, c'est-à-dire qu'elle a identifié les concepts essentiels et a créé une granule pour chacun d'eux.
On pourrait penser que cette suggestion de granularisation est une sorte de plan amélioré, pas très éloigné de ce que ChatGPT m'a proposé. Mais en regardant de plus près, on constate que l'outil a déjà sélectionné des modalités pédagogiques. On y voit en effet des granules d'information (on explique un concept, ci-dessous 1, 3 et 5) mais aussi des granules d'exercice (avec un scénario, ci-dessous 2, 4 et 6).

Si j'« entre » dans l'une des granules, par exemple la 2, j'accède à tous ses détails et je constate que l'IA du LMS a vraiment créé le cas pratique. Je me vois ainsi proposer un scénario qui met en lumière le concept essentiel de cette granule, en l'occurrence le fait que la transparence n'est pas une fin mais un moyen. J'ai donc un énoncé, une photo libre de droits qui l'illustre, une question, mes réponses proposées avec un feedback correctif pour chacune, et le message clé à retenir.
Si cette proposition de contenu ne me convient pas, je peux demander à l'IA d'en générer une nouvelle. Si je décide de ne pas suivre la recommandation pédagogique, je peux aussi lui demander de changer le type d'exercice si, par exemple, je veux augmenter ou diminuer le niveau de difficulté.
(Si vous souhaitez en savoir plus sur le fonctionnement pédagogique de l'IA du LMS Didask, je vous invite à consulter le livre blanc Comment créer 10 fois plus vite des formations vraiment efficaces avec l'IA pédagogique, rédigé par mon collègue Philip.)


Après avoir passé en revue toutes mes granules, je peux voir le résultat en situation réelle. Aucune mise en forme ni autre chose à faire, le LMS s'en charge pour moi. Je clique simplement sur le bouton « Aperçu apprenant » et je me retrouve dans la peau de la personne qui parcourt mon module.
Voici à quoi ça ressemble sur ma granule sur la transparence-qui-n'est-pas-une-finalité :

Je m'arrêterai là pour ce test, car les fonctionnalités de publication ou d'administration du LMS ne sont pas directement liées à notre problématique de génération de contenu aujourd'hui. En termes de timing, l'ensemble des tâches effectuées sur le LMS jusqu'ici m'a pris moins de 10 minutes. Ce gain de temps est appelé à s'améliorer encore avec les développements récents de 2024, qui permettront de créer des modules directement à partir de supports tels que vos ppts, slides, PDFs...
Quel verdict ?
Le même contenu brut de départ, deux résultats très différents, mais un seul qui soit rapidement exploitable en formation.
Mais quand on y réfléchit, c'est assez logique. En effet, si l'on a tendance à vouloir tout comparer à ChatGPT dès qu'il s'agit d'IA, les outils sont pourtant très différents et ne sont pas conçus pour les mêmes usages. La comparaison a donc ses limites.
Si ChatGPT est un excellent outil d'IA pour générer du contenu universel, Didask est une plateforme LMS eLearning qui utilise l'IA pour créer du contenu de formation, mais intégrée dans une architecture pédagogique. Cette dernière doit sa pertinence non pas à l'IA, mais aux recommandations de la recherche en sciences cognitives qui ont guidé son développement. C'est précisément ce qui permet de découper, granulariser, puis choisir les bonnes méthodes pédagogiques en fonction des objectifs attendus.
Car comme nous le dit souvent Son Ly* : « Si vous voulez que l'IA vous aide à mieux apprendre, il faut déjà savoir comment mieux apprendre » :)
Si vous souhaitez voir plus en détail comment fonctionne le LMS Didask et son IA pédagogique, vous pouvez nous rejoindre lors d'un prochain webinaire de démonstration, ou même demander directement un rendez-vous.
Pour continuer votre lecture sur ce sujet, je vous recommande nos articles :
- La grande histoire des plateformes e-learning
- Adaptive learning et IA générative : l'association gagnante pour la formation en ligne !
- LMS : 3 préjugés à enterrer une bonne fois pour toutes
- Au-delà de ChatGPT : l'IA générative au service de la pédagogie
- E-learning : l'IA générative au service de l'engagement apprenant
*CEO et cofondateur de Didask






.png)